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Un peu d’histoire

Qui somme nous
Un peux histoire
Le Groupe des Dix – 10 décembre 1981
Le 10 Décembre 1981, dix syndicats ou Fédérations autonomes se réunissent pour la première fois : la FGSOA, le SNUI, la FGAF, la FADN, la FGAAC, la FAT, le SNCTA., le SNJ, la FASP, le SUACCE. Cette réunion se tient au siège du SNUI, et l’initiative en revient à la FGSOA.
 Au lendemain du 10 Mai 1981, la FGSOA pensait que le changement politique aurait pu être l’occasion d’un rapprochement entre les Organisations Syndicales, rapprochement apte à peser pour le progrès social et pour la satisfaction des revendications (comme en 1936) ; elle estimait par contre que le maintien des divisions syndicales ne pourrait que conduire à un affaiblissement global du syndicalisme et nuire aux revendications du monde du travail.
 Après avoir rencontré la CFDT et la CGT qui parlaient elles aussi d’unité syndicale mais précisaient l’une et l’autre que l’unité passait par l’adhésion à leur confédération, la FGSOA. a pris l’initiative de contacter certaines Organisations Syndicales “autonomes et progressistes”.
 Au cours de cette première rencontre, chaque Organisation présente expose les raisons pour lesquelles elle n’est pas confédérée, développe sa conception du syndicalisme et fait état de sa pratique intersyndicale et des objectifs qu’elle poursuit. Dès cette réunion, plusieurs décisions sont prises :
                       poursuivre les contacts et confronter régulièrement les analyses de chacune sur le contexte politique, économique et social ;
                       envisager progressivement les possibilités de coopération matérielle et technique entre les différentes OS ;
                       réfléchir aux causes de la désyndicalisation et agir pour l’unité syndicale. Après avoir constaté que la plupart des Syndicats présents sont nés de la scission entre la CGT et la CGT-FO en 1947-1948, toutes les Organisations précisent qu’il n’est pas question de créer une structure confédérale supplémentaire ou d’agir contre les Confédérations. C’est l’unité la plus large qui est souhaitée.
Les membres originels du G10 :
                        Fédération Autonome de la Défense Nationale (FADN) ; créée en 1947
                       Fédération Autonome des Transports (FAT) ; créée en 1951
                        Fédération générale autonome des agents de conduite de la SNCF (FGAAC) ; créée en 1885
                       Fédération Générale des Syndicats de salariés des Organisations professionnelles de l’Agriculture et de l’industrie agro-alimentaire (FGSOA) ; créée en 1945
                       Fédération Autonome des Syndicats de Police (FASP) ; créée en 1969
                       Fédération Générale Autonome des Fonctionnaires (FGAF) ; créée en 1949
                       Syndicat National des Contrôleurs du Trafic Aérien (SNCTA) ; créé en 1965
                       Syndicat National des Journalistes (SNJ) ; créé en 1918
                       Syndicat National Unifié des Impôts (SNUI) ; créé en 1962
                       Syndicat Unifié des Personnels du Réseau des Caisses d’Epargne et Prévoyance (SUPRCEP dit SU) ; créé en 1947
 
Naissance de SUD – Solidaires, Unitaires, Démocratiques
Début 1989, le Groupe des Dix s’élargit en s’ouvrant à Sud-PTT.
Les PTT, ce n’est pas n’importe quoi. Collectivité de 450 000 salariés, administration implantée sur tout le territoire et caractérisée, par delà la grande diversité de ses secteurs, par un très fort sentiment d’appartenance à une maison commune. Dans les années 80, l’heure est à la “modernisation”. La communication, l’information sont de plus en plus considérées comme des marchandises à haute valeur rajoutée. Partout dans le monde, au Japon, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, on brise les monopoles, on vend aux entreprises privées des activités relevant de l’intérêt général. Les institutions européennes pressent la France d’ouvrir ces secteurs à la concurrence. Mais les salariés français manifestent leur attachement au service public (déjà lors de grèves importantes en 1974, les agents des PTT scandent “ITT et Thomson n’auront pas le téléphone” ; toutes les tentatives de réforme ont échouées.
 En 1988, le parti socialiste, en campagne électorale, se veut rassurant mais, lorsque victorieux, il forme le gouvernement Rocard, il s’engage avec Paul Quilès, son ministre des Postes et Télécommunications, sur la voie d’un réforme. La CFDT, elle, vise à devenir l’interlocuteur privilégié du patronnat et des pouvoirs publics. Déjà en 1985, engagée dans « un syndicalisme de gestion de crise », elle avait frappé d’exclusion la section d’Air Inter, qui donnera naissance au SNPIT (syndicat national du personnel inter-transport), lequel deviendra en 1996 SUD-Aérien, après la fusion d’Air France et d’Air Inter.
 Octobre 1988. A Lille, le centre de tri de Lezennes est paralysé. La grève démarre sur une question d’effectifs, dure quatre semaines et porte haut et fort les revendications pour l’augmentation du pouvoir d’achat et contre la flexibilité des horaires. Le taux de participation est exceptionnel : 40 à 50% au début du conflit, 90% à la fin. A Nancy, Marseille, Rouen, Bordeaux, Bobigny, les centres de tri et les bureaux de poste rejoignent le mouvement. Au même moment, à Paris et en banlieue, ce sont les camions jaunes de La Poste (secteur peu syndicalisé) qui mènent une lutte de plusieurs semaines. Ils mettent en place une coordination et des assemblées générales quotidiennes.
 Dans les deux cas, la direction nationale de la CFDT-PTT va briser la lutte et dénoncer à l’administration ses propres militants !. A Lille, les militants CFDT engagés dans la lutte apprennent, par voie de presse, que la CFDT n’est plus dans le conflit…et que, « s’agissant des francs-tireurs de Lezennes, les responsabilités seront déterminées et des mesures prises ».
 Le 3 novembre, sept responsables de section sont démis de leur fonction et se retrouvent sans protection face à l’administration. Le 7 novembre, par la presse et leur administration, les cinq responsables des sections CFDT des garages postaux parisiens apprennent à leur tour qu’ils sont relevés de leur mandat syndical.
 Les coups tombent…
 Trois jours plus tard, Jean-Claude Desrayaud, secrétaire général de la fédération CFDT-PTT, invite le ministre Paul Quilès à prendre toutes ses responsabilités et à faire respecter les libertés fondamentales, dont celle du travail ; appel à peine voilé à faire intervenir la force contre les piquets de grève et les occupations. Le 13 novembre, sous escorte policière, l’armée déplace les camions jaunes bloquant centres de tri et bureaux de poste.
 Dans la Santé, les luttes sont importantes cet automne-là… Les personnels hospitaliers, en particulier les infirmières, mènent un mouvement de plusieurs semaines avec leur coordination. Là aussi, les militants et militantes de la CFDT-Ile-de-France sont au premier rang de ce mouvement et soutiennent les coordinations. Les fédérations nationalesCFDT des PTT et de la Santé, tout comme la confédération, sont décidées à faire le ménage, quitte à passer par-dessus les adhérents. Lors du congrès confédéral de Strasbourg, fin novembre, Edmond Maire, secrétaire général sortant, dit clairement qu’il faut se débarrasser « des moutons noirs qui n’ont plus leur place dans la CFDT ». Il vise les militants et militantes des PTT et de la Santé.
 Quelques jours plus tard, les responsables CFDT des PTT et de la Santé taillent dans le vif : ils sanctionnent et retirent leurs mandats aux responsables de la région parisienne en leur reprochant le soutien à ces luttes et aux coordinations…
 …le temps de la réaction
 Les militants sanctionnés sont déchirés, mais aussi révoltés. Ils s’estiment dans leur bon droit car la majorité des adhérents sont d’accord avec eux. Les discussions sont animées qui portent sur des réponses qu’il convient d’apporter à un tel coup de force. Mais il faut faire vite, pour ne pas laisser détruire un outil syndical et se perdre toute cette énergie militante. La décision est prise de poursuivre l’engagement syndical par la construction d’un nouveau syndicat.
 Dans le secteur de la Santé, cet outil s’appelle CRC-Santé-Sociaux ; le signe CRC (Coordonner, Rassembler, Construire) était déjà utilisé par la CFDT ; il est repris pour souligner la continuïté de l’outil syndical. Aux PTT, c’est le sigle SUD (Solidaires, Unitaires, Démocratiques) qui est adopté.
 
 Fondation de Solidaires – janvier 1998
L’Union syndicale Solidaires est fondée en janvier 1998, pour mieux structurer l’ex-G10, qui a considérablement évolué depuis la multiplication des SUD. Il compte alors environ 60 000 adhérents.
 Ce développement a amené le G10 à se restructurer en Union Syndicale G10 Solidaires. La règle de l’unanimité est abandonnée, au profit du consensus, mais chaque syndicat ou fédération membre garde un droit de veto qu’il peut utiliser s’il considère qu’une décision pourrait remettre en cause l’un de ses principes fondamentaux. Cela contraint du coup à un débat approfondi afin de lever tout malentendu.
  
 Une organisation et un mode de fonctionnement originaux
La constitution de Solidaires obéit au principe de liberté et de pleine autonomie des organisations qui la composent. Les organisations adhérentes conservent pleinement leur indépendance et leur personnalité juridique, le droit d’ester en justice, de négocier et signer tous protocoles électoraux professionnels, accords collectifs d’entreprise, conventions collectives dans leurs secteurs d’activités tels que définis par leurs statuts.
Toute adhésion est précédée d’une phase “d’observation/association” pendant laquelle l’organisation syndicale postulante est invitée à participer aux réunions du Comité national et du Conseil national, ainsi qu’aux travaux des Commissions nationales, afin de s’assurer d’un partage de valeurs mutuelles. L’adhésion définitive est décidée à l’issue de cette période de vérification réciproque.
La concurrence durable de deux syndicats au sein de Solidaires agissant dans le même secteur professionnel serait contradictoire avec la démarche de notre Union syndicale et apparaîtrait incohérente pour les salariés du secteur. Pour cette raison, il ne saurait y avoir (sauf cas exceptionnel, limité dans le temps, notamment en cas de réorganisation de secteur) coexistence de deux syndicats d’un même secteur professionnel au sein de Solidaires.
Tous les trimestres, un Comité national définit les positions et les campagnes interprofessionnelles menées par l’Union syndicale Solidaires. Chaque syndicat ou fédération membre, quelque soit le nombre de ses adhérents, ne compte que pour une voix et dispose d’un droit de veto motivé. Chaque syndicat est responsable de sa délégation. Les organisations syndicales membres désignent librement leurs représentant(e)s. Toute organisation qui adhère à l’Union syndicale Solidaires est représentée de droit au Comité national. Chaque Comité départemental ou régional (représenté par un(e) délégué(e)) compte pour une voix consultative. Toute décision se prend au consensus. A défaut de consensus, si aucun syndicat ou fédération n’utilise son droit de veto, la majorité des 2/3 des structures membres présentes est suffisante.
L’Union syndicale Solidaires est animée par un Bureau national dont les membres sont désignés par les organisations syndicales adhérentes. Le Bureau national est l’organe directeur de l’Union syndicale Solidaires. Il se réunit au moins une fois par mois (hors mois de réunion d’un Comité national). Chaque syndicat ou fédération membre, quelque soit le nombre de ses adhérents, ne compte que pour une voix et dispose d’un droit de veto motivé. Chaque syndicat est responsable de sa délégation. Les organisations syndicales membres désignent librement leurs représentant(e)s. Toute organisation qui adhère à l’Union syndicale Solidaires est représentée de droit au Bureau national. Toute décision se prend au consensus. A défaut de consensus, si aucun syndicat n’utilise son droit de veto, la majorité des 2/3 des syndicats membres présents est suffisante.
Un Secrétariat national met en application les orientations et décisions définies par le Comité national et le Bureau national. Ce Secrétariat national est élu par le Bureau national. Il est composé de sept membres minimum (un(e) délégué(e) général(e), des délégué(e)s adjoint(e)s, un(e) trésorier(e) et un(e) trésorier(e)-adjoint(e)) proposés par les organisations nationales. Il fonctionne sur un mode collégial. Ce Secrétariat national est renouvelé après chaque Congrès et la même organisation ne y peut détenir plus de deux postes.
Des commissions nationales spécialisées, ouvertes aux fédérations et syndicats nationaux et aux Solidaires locaux, sont chargées de travailler sur une certain nombre de domaines spécifiques : services publics, formation professionnelle, retraités, formation syndicale, protection sociale, emploi, femmes, international…
Le fonctionnement des différents Solidaires existants au niveau local (région, département ou ville) est fondé sur les mêmes principes que ceux décrits au niveau national – de même s’agissant de l”Union des organisations de fonctionnaires et assimilés – Solidaires” qui regroupe les différentes organisations syndicales membres ayant dans leur champ de syndicalisation des personnels fonctionnaires et assimilés.
 
 
 
  Sources :
                       Wikipédia : Voir la page
                       SUD Solidaires : Voir la page