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Le Sdis du Tarn calcule l’impact de ses interventions sur l’économie

Publié le 04/05/2017 • Par Coline Léger • dans : Actu experts financesBonnes pratiques financesInnovations et TerritoiresRégions

Alors que les Sdis font régulièrement l'objet de remarques pour leur coût, l'étude menée par le Tarn met en avant le montant des pertes qu'ils permettent d'éviter.
Alors que les Sdis font régulièrement l’objet de remarques pour leur coût, l’étude menée par le Tarn met en avant le montant des pertes qu’ils permettent d’éviter.P. ROUX

En 2016, les actions du Sdis du Tarn ont évité une facture de 78 millions d’euros de dommages sur les incendies d’habitations.

[Sdis du Tarn, 384 500 hab.]

Valoriser ce que les interventions d’un Sdis rapportent à la collectivité n’est pas dans les habitudes. « Dans les années 2010, plusieurs rapports pointant le niveau trop élevé des budgets des Sdis m’ont interpellé. Jamais n’y apparaissait en contrepoint ce qu’ils produisaient économiquement », se souvient le commandant Philippe Cnocquart, adjoint au pôle opérationnel, chef du groupement « gestion des risques » du Sdis du Tarn.

Il garde cette idée en tête, jusqu’à ce que se présente l’occasion de démontrer la rentabilité économique d’une intervention. Le 22 décembre 2014, les sapeurs-pompiers sont appelés pour l’incendie d’une carrosserie industrielle de 10 000 mètres carrés, qui emploie 110 personnes. Face au succès de l’opération – seuls 2 300 mètres carrés sont touchés -, le chef d’entreprise accepte d’aider le commandant à évaluer le coût d’une destruction totale de son outil de travail, pour le comparer au coût réel de l’incendie. L’analyse conclut que les sapeurs-pompiers ont préservé 140 emplois et évité 22 millions d’euros de pertes à la collectivité. Un résultat qui entre en résonance avec le budget annuel du Sdis du Tarn : 26,8 millions d’euros de fonctionnement (et 9,4 millions d’euros d’investissement).

Données simples et fiables

Mais une étude aussi fine ne peut être systématisée à l’ensemble des interventions. Philippe Cnocquart sollicite donc l’école d’économie de Toulouse, pour estimer, à partir de données simples et fiables, le montant annuel préservé par l’activité opérationnelle du Sdis. « Compte tenu du peu de données disponibles, nous avons limité l’étude à deux types d’interventions : les incendies d’habitations, dont les pertes sont évaluées grâce aux informations des assureurs et des notaires, et les opérations de secours routier, bien renseignées par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière », indique Cécile Canouet, étudiante en master 2, chargée du projet.

L’analyse part du principe qu’un Sdis dégradé se manifeste par des délais d’intervention qui s’allongent. Elle consiste donc à comparer les dommages réels avec ceux qu’aurait provoqués une arrivée des sapeurs-pompiers une heure après l’alerte. Un délai pour lequel est calculée la probabilité de survie des blessés graves, dans le cas du secours routier.

Résultat, en 2016, le montant des dégâts évités atteint 78 millions d’euros pour les incendies d’habitations, tandis que 33 vies ont été épargnées sur les routes, ce qui représente 42 millions d’euros, selon la valeur de vie statistique. Des sommes qui n’illustrent qu’une infime partie des interventions d’un Sdis, l’essentiel – le secours aux personnes (75 % de l’activité) – étant exclu de l’analyse.

Intérêt et surprise

« En montrant que l’activité d’un Sdis a des répercussions importantes sur l’activité économique, cette étude remet en perspective le budget qui lui est alloué », se réjouit Michel Benoit, président du conseil d’administration du Sdis du Tarn. Présentés aux élus, ces résultats ont suscité intérêt et surprise quant aux montants des dommages évités. « Communiquer sur ce qu’on a sauvegardé donne du sens aux contributions votées par les élus », abonde Philippe Cnocquart.

Pourtant, l’initiative soulève des réticences. La crainte : que l’outil soit utilisé comme indicateur de performance. Un dévoiement qui serait infondé, le résultat obtenu dépendant du nombre d’interventions, de leurs circonstances, de leur gravité… Autant d’éléments sur lesquels les sapeurs-pompiers n’ont aucune prise.

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